Une nouvelle collection de Haute Joaillerie tient en haleine l’ensemble de la Maison Van Cleef & Arpels. Intitulée Les Voyages Extraordinaires, elle est placée sous le signe de l’écrivain Jules Verne, génie de l’invention. Un redoutable défi pour les équipes de création et les ateliers. Jeunes talents et Mains d’Or, titre réservé à l’élite de la profession, tous unis, concentrés, sont à l’oeuvre. « Se surpasser est la raison d’être de Van Cleef & Arpels », annonce d’emblée Stanislas de Quercize, le Président de la célèbre Maison.
« Nous avons retenu quatre livres de Jules Verne – Cinq Semaines en Ballon, Voyage au Centre de la Terre, De la Terre à la Lune et le très fameux Vingt Mille Lieues sous les Mers, explique de son côté Nicolas Bos, Directeur de la création, et Président de la filiale américaine, à New York. Ces aventures fantastiques, connues dans le monde entier, sont autant de prismes réflexifs qui nous permettent de revisiter les codes Van Cleef & Arpels, tout en les exaltant. L’univers onirique de Jules Verne est en résonance avec celui d’une Maison dont le patrimoine artistique s’est construit autour de la beauté des flores et des faunes, du ciel et des étoiles, des créatures imaginaires … »
« Avant d’écrire, je vous invite à visiter nos ateliers ! », propose Stanislas de Quercize. Une expérience vécue comme une révélation ! Autant dans l’atelier de la mise en volume des dessins gouachés, splendides, que dans celui des structures métalliques, ou encore du sertissage : nous avons tout vu… ou seulement cru voir ? Un saphir d’un rose mauve inouï, des tourmalines à se damner. Tout est empaqueté, ensaché, caché. Le visiteur croit qu’il voit ce qu’en réalité il ne fait qu’imaginer. Et ça marche ! Il ressort de la visite, le souffle coupé par… tout ce qu’il n’a pas vu. Plus tard, il comprend qu’il ne saurait voir l’immatériel de ce combat ardent que livrent les artisans avec la lumière, le visible et l’invisible. Et qu’il n’y a rien à voir, en effet, d’une pièce, aussi longtemps qu’elle est sur l’établi. Et il nous plaît qu’il en soit ainsi. Seule existe la vérité de ce qui est achevé. C’est justement de pièces terminées, éclatantes de beauté, dont veulent maintenant nous entretenir Stanislas de Quercize et Nicolas Bos. Elles s’appellent Olindias, Stromboli, Andromède, et Maximus, toutes quatre emblématiques de la collection Les Voyages Extraordinaires… En même temps qu’ils évoquent la genèse de cette nouvelle collection, les deux dirigeants parlent du plaisir qu’ils auront à la voir exposer à la Biennale des Antiquaires, en septembre. Dans une mise en scène qu’ils ont confiée à l’Argentin Alfredo Arias, homme de théâtre et de féerie, s’il en est. Que la fête commence…
Et si, d’entrée de jeu, pour avoir tout de suite une idée de cette nouvelle collection Les Voyages Extraordinaires, nous parlions du clip Maximus en forme de tête d’éléphant?
Stanislas de Quercize : Inspirée d’une anecdote extraite de Cinq Semaines en Ballon, cette tête d’éléphant fait référence à l’épisode où un pachyderme, animal mythique, impressionnant, sort de la jungle pour tirer le ballon en difficulté. L’éléphant est paré de diamants blancs parsemés de quelques diamants gris qui figurent les ombres portées par l’aveuglante lumière. Quant au ballon, suspendu à la trompe, il est taillé dans une topaze de 48,13 carats, très rare, une des plus belles qu’on ait jamais vue chez nous, par sa couleur miel orangé et sa vivacité équivalente à celle du diamant. Tout autant que la découverte d’un continent encore largement inconnu à l’époque de l’auteur, j’aime ce voyage en ballon qui survole l’Afrique, la traversant de Zanzibar au Sénégal, parce qu’il nous donne à penser que prendre de la hauteur change notre point de vue sur le monde, et même sur la routine que l’on croit sans surprise. Ce voyage est une invitation à retrouver des yeux neufs. Cette anecdote dit aussi la nécessaire solidarité de l’homme avec les animaux pour assurer sa survie.
Comment Jules Verne s’est-il imposé à vous pour cette nouvelle collection Les Voyages Extraordinaires ?
Nicolas Bos : Il y a comme une belle continuité. Jules Verne meurt en 1905 ; en 1906, Van Cleef & Arpels ouvre au 22, Place Vendôme, à Paris. Il y a, là, dans ces deux dates le signe d’une riche continuité esthétique et artistique, qui s’explique par un bref historique des fondamentaux qui ont présidé à la création de la Maison. En effet, elle voit le jour à une époque où triomphent le Symbolisme, dont le peintre Odilon Redon incarne, selon moi, la quintessence, puis l’Art Nouveau ; loin du vérisme et du réalisme, ces deux courants esthétiques imprègnent encore aujourd’hui notre joaillerie par leurs imaginaires fantastiques. Ils sont à l’origine des fées et des créatures féminines, apparues dans nos collections au tournant des années 1940 et qui continuent à être nos emblèmes. Avec Jules Verne, nous avons un héritage commun. Tout comme, avant lui, nous avons été inspirés par Shakespeare et les métamorphoses merveilleuses de sa pièce Le Songe d’une nuit d’été, qui a donné son titre à une collection passée. Le retour permanent à nos propres archives, qui valent une mine d’or, et la volonté d’intégrer notre création à une histoire artistique plus vaste, nourrissent en profondeur l’actualité de notre inspiration.
S. de Q. : Un principe d’éternité guide nos choix! Les récits de Jules Verne se perpétuent de génération en génération, son génie suscitant toujours la même admiration ; il en va de même des collections Van Cleef & Arpels qui écrivent, à chaque fois, un chapitre nouveau, où l’esprit d’excellence de la Maison concourt à créer un style reconnaissable entre tous. Comme est repérable au premier coup d’oeil un Picasso. Nos créations seront toujours là dans cinquante ans, dans deux cents ans, au prochain millénaire !
Comment l’univers de Jules Verne plutôt masculin, croise-t-il celui, très féminin, de Van Cleef & Arpels?
N.B. : L’univers de Jules Verne, comme celui de Shakespeare, mais également de tous les grands conteurs, je pense à celui d’Homère, parlent d’une manière identique aux hommes et aux femmes, et même ceux qui n’ont pas lu les textes savent ce qu’ils racontent; dans le monde entier, Jules
Verne est synonyme de science-fiction, de fantaisie et d’explorations scientifiques et poétiques. Quand on pense à cet auteur, on pense à Gustave Doré qui a illustré ses livres, puis plus tard, à Walt Disney et à tous les films inspirés par l’épopée Jules Verne, tels Vingt Mille Lieues sous les Mers, tourné en 1954 par Richard Fleischer, tel Abyss, que signait James Cameron, en 1989. Je pense aussi à l’admiration profonde que lui portaient des écrivains d’envergure comme Jorge Luis Borges ou Julien Gracq.
Votre ambition est-elle d’entrelacer l’histoire Van Cleef & Arpels à la grande histoire du monde ?
S. de Q. : Cela peut paraître très ambitieux, mais c’est une des caractéristiques de nos collections que de toucher à l’universel. Nous élaborons notre création à partir de récits qui touchent chaque individu, quels qu’en soient sa langue, son lieu de naissance. Cet appel au voyage, cette impulsion à partir dans le vaste monde, chacun d’entre nous la ressent un jour ou l’autre. Certains y céderont, c’est le voyage initiatique dont le récit s’adresse à ceux qui sont restés, moins courageux, ou moins chanceux peut-être. Celui qui revient, et qui raconte ce qu’il a vu, a pour vocation de rendre la vie meilleure. N’oubliez pas que cette Maison a été
créée sous le signe de l’amour – celui qui unissait le jeune couple d’Estelle Arpels et d’Alfred Van Cleef-, ainsi que sous le signe du voyage, puisque très vite, leurs parents quittent leur Hollande natale pour la France ; ces enfants nés dans le sérail de la joaillerie, s’installent en face du Ritz à Paris, où séjourne une clientèle fortunée qui, elle aussi, a pris goût à parcourir le monde.
Restons pour quelques instants encore en Afrique : comment est née l’idée de ce collier où des lémuriens aux yeux noirs se balancent de branche en branche ?
N.B. : Cette pièce, nommée Nuit d’Equateur, fait allusion à la luxuriance de la flore. Elle traite l’idée du rideau de verdure avec des émeraudes exceptionnelles et nos lémuriens aux yeux d’onyx apparaissent et disparaissent derrière des branches de diamants, des fleurs gravées dans des tourmalines rose vif. Les Voyages Extraordinaires sont l’occasion d’enrichir notre bestiaire magique, une de nos identités fortes. Les lémuriens, l’éléphant, le perroquet, le pélican, mais aussi l’ours polaire, les manchots, les dauphins rejoignent nos griffons, nos oiseaux de paradis et autres girafes. Avec toujours une dimension ludique qui attire les collectionneurs et les amateurs d’objets animés. Comme cette émeraude gravée en forme de carapace de tortue dont la tête et les pattes sortent, actionnées par un mécanisme hypersophistiqué. Ou comme cette baleine qui, en respirant, envoie un jet d’eau arrondi formé de diamants juxtaposés. Ces pièces conçues pour l’émerveillement symbolisent Van Cleef & Arpels et les savoir-faire de nos Mains d’Or. Tout a commencé avec l’illustre collier Zip dont les diamants s’ouvrent comme une fermeture à glissière. Il a été créé en 1951 pour répondre à une commande de la Duchesse de Windsor.
Croyez-vous que la beauté, qui parfois peut-être effrayante, dangereuse, sauvage, a le pouvoir de transformer le monde ?
S.de Q. : Dostoïevski va même plus loin, il dit que « la beauté peut sauver le monde ». Et pour sauver le monde, la beauté ne peut être que paradoxale. Nos collections ont cette dimension ensorcelante, débarrassée de toute joliesse. Chacune d’entre elles est l’ultime, celle qui nous aspire, qui nous oblige à donner le meilleur de nous-mêmes. Dans les ateliers, nos Mains d’Or n’aiment rien tant que ce moment où elles sont arrêtées par un obstacle à surmonter. La décharge d’adrénaline suscitée par cette mise en danger. Mais nos artisans savent aussi que tous ensemble ils trouveront une solution, avec le sentiment gratifiant de s’être dépassés une fois encore.
Le clip Olindias , figure féminine par excellence, est-elle affiliée au mythe de La Méduse ?
Comment Jules Verne s’est-il imposé à vous pour cette nouvelle collection Les Voyages Extraordinaires ?
Nicolas Bos : Il y a comme une belle continuité. Jules Verne meurt en 1905 ; en 1906, Van Cleef & Arpels ouvre au 22, Place Vendôme, à Paris. Il y a, là, dans ces deux dates le signe d’une riche continuité esthétique et artistique, qui s’explique par un bref historique des fondamentaux qui ont présidé à la création de la Maison. En effet, elle voit le jour à une époque où triomphent le Symbolisme, dont le peintre Odilon Redon incarne, selon moi, la quintessence, puis l’Art Nouveau ; loin du vérisme et du réalisme, ces deux courants esthétiques imprègnent encore aujourd’hui notre joaillerie par leurs imaginaires fantastiques. Ils sont à l’origine des fées et des créatures féminines, apparues dans nos collections au tournant des années 1940 et qui continuent à être nos emblèmes. Avec Jules Verne, nous avons un héritage commun. Tout comme, avant lui, nous avons été inspirés par Shakespeare et les métamorphoses merveilleuses de sa pièce Le Songe d’une nuit d’été, qui a donné son titre à une collection passée. Le retour permanent à nos propres archives, qui valent une mine d’or, et la volonté d’intégrer notre création à une histoire artistique plus vaste, nourrissent en profondeur l’actualité de notre inspiration.
S. de Q. : Un principe d’éternité guide nos choix! Les récits de Jules Verne se perpétuent de génération en génération, son génie suscitant toujours la même admiration ; il en va de même des collections Van Cleef & Arpels qui écrivent, à chaque fois, un chapitre nouveau, où l’esprit d’excellence de la Maison concourt à créer un style reconnaissable entre tous. Comme est repérable au premier coup d’oeil un Picasso. Nos créations seront toujours là dans cinquante ans, dans deux cents ans, au prochain millénaire !
Comment l’univers de Jules Verne plutôt masculin, croise-t-il celui, très féminin, de Van Cleef & Arpels?
N.B. : L’univers de Jules Verne, comme celui de Shakespeare, mais également de tous les grands conteurs, je pense à celui d’Homère, parlent d’une manière identique aux hommes et aux femmes, et même ceux qui n’ont pas lu les textes savent ce qu’ils racontent; dans le monde entier, Jules
Verne est synonyme de science-fiction, de fantaisie et d’explorations scientifiques et poétiques. Quand on pense à cet auteur, on pense à Gustave Doré qui a illustré ses livres, puis plus tard, à Walt Disney et à tous les films inspirés par l’épopée Jules Verne, tels Vingt Mille Lieues sous les Mers, tourné en 1954 par Richard Fleischer, tel Abyss, que signait James Cameron, en 1989. Je pense aussi à l’admiration profonde que lui portaient des écrivains d’envergure comme Jorge Luis Borges ou Julien Gracq.
Votre ambition est-elle d’entrelacer l’histoire Van Cleef & Arpels à la grande histoire du monde ?
S. de Q. : Cela peut paraître très ambitieux, mais c’est une des caractéristiques de nos collections que de toucher à l’universel. Nous élaborons notre création à partir de récits qui touchent chaque individu, quels qu’en soient sa langue, son lieu de naissance. Cet appel au voyage, cette impulsion à partir dans le vaste monde, chacun d’entre nous la ressent un jour ou l’autre. Certains y céderont, c’est le voyage initiatique dont le récit s’adresse à ceux qui sont restés, moins courageux, ou moins chanceux peut-être. Celui qui revient, et qui raconte ce qu’il a vu, a pour vocation de rendre la vie meilleure. N’oubliez pas que cette Maison a été créée sous le signe de l’amour – celui qui unissait le jeune couple d’Estelle Arpels et d’Alfred Van Cleef-, ainsi que sous le signe du voyage, puisque très vite, leurs parents quittent leur Hollande natale pour la France ; ces enfants nés dans le sérail de la joaillerie, s’installent en face du Ritz à Paris, où séjourne une clientèle fortunée qui, elle aussi, a pris goût à parcourir le monde.
Restons pour quelques instants encore en Afrique : comment est née l’idée de ce collier où des lémuriens aux yeux noirs se balancent de branche en branche ?
N.B. : Cette pièce, nommée Nuit d’Equateur, fait allusion à la luxuriance de la flore. Elle traite l’idée du rideau de verdure avec des émeraudes exceptionnelles et nos lémuriens aux yeux d’onyx apparaissent et disparaissent derrière des branches de diamants, des fleurs gravées dans des tourmalines rose vif. Les Voyages Extraordinaires sont l’occasion d’enrichir notre bestiaire magique, une de nos identités fortes. Les lémuriens, l’éléphant, le perroquet, le pélican, mais aussi l’ours polaire,
les manchots, les dauphins rejoignent nos griffons, nos oiseaux de paradis et autres girafes. Avec toujours une dimension ludique qui attire les collectionneurs et les amateurs d’objets animés. Comme cette émeraude gravée en forme de carapace de tortue dont la tête et les pattes sortent, actionnées par un mécanisme hypersophistiqué. Ou comme cette baleine qui, en respirant, envoie un jet d’eau arrondi formé de diamants juxtaposés. Ces pièces conçues pour l’émerveillement symbolisent Van Cleef & Arpels et les savoir-faire de nos Mains d’Or. Tout a commencé avec l’illustre collier Zip dont les diamants s’ouvrent comme une fermeture à glissière. Il a été créé en 1951 pour répondre à une commande de la Duchesse de Windsor.
Croyez-vous que la beauté, qui parfois peut-être effrayante, dangereuse, sauvage, a le pouvoir de transformer le monde ?
S.de Q. : Dostoïevski va même plus loin, il dit que « la beauté peut sauver le monde ». Et pour sauver le monde, la beauté ne peut être que paradoxale. Nos collections ont cette dimension ensorcelante, débarrassée de toute joliesse. Chacune d’entre elles est l’ultime, celle qui nous aspire, qui nous oblige à donner le meilleur de nous-mêmes. Dans les ateliers, nos Mains d’Or n’aiment rien tant que ce moment où elles sont arrêtées par un obstacle à surmonter. La décharge d’adrénaline suscitée par cette mise en danger. Mais nos artisans savent aussi que tous ensemble ils trouveront une solution, avec le sentiment gratifiant de s’être dépassés une fois encore.
Le clip Olindias , figure féminine par excellence, est-elle affiliée au mythe de La Méduse ?


![Van Cleef & Arpels - Les Voyages Etraordinaires - JH000225 Maximus Clip [600X400]](http://www.guide-joaillerie.org/wp-content/uploads/2010/07/Van-Cleef-Arpels-Les-Voyages-Etraordinaires-JH000225-Maximus-Clip-600X400.jpg)
![Van Cleef & Arpels - Les Voyages Extraordinaires - JH000319 Olindias Clip [600X400]](http://www.guide-joaillerie.org/wp-content/uploads/2010/07/Van-Cleef-Arpels-Les-Voyages-Extraordinaires-JH000319-Olindias-Clip-600X400.jpg)
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![Van Cleef & Arpels - Les Voyages Extraordinaires - JH000230 Stromboli Necklace [600X400]](http://www.guide-joaillerie.org/wp-content/uploads/2010/07/Van-Cleef-Arpels-Les-Voyages-Extraordinaires-JH000230-Stromboli-Necklace-600X400.jpg)